« Ce n’est pas tant ce que les gens ignorent qui cause des problèmes, c’est tout ce qu’ils savent et qui n’est pas vrai »

écrit Mark Twain

La certitude est un des besoins fondamentaux de l’homme. Comment avancer dans la vie lorsque l’on doute de tout ? Parmi nos croyances, certaines nous sont utiles, c’est ce que nous appelons en coaching les « croyances portantes ». D’autres à l’inverse peuvent constituer un frein à nos ambitions, à nos objectifs. Nous parlons alors de « croyances limitantes ».

Comment en prendre conscience ? Et quel choix faire face à elles ?

QU’EST-CE QU’UNE CROYANCE ?

Une croyance est une certitude, consciente ou inconsciente, que l’on porte sur soi, sur les autres et sur la vie en général. Elle est une généralisation, une opinion fixe, établie suite à des faits et expériences, et dont on tire une conclusion. Une croyance se caractérise par le fait qu’elle existe indépendamment des faits qui viendraient la corroborer ou la démentir. On la confond donc souvent avec la réalité.

Les croyances permettent de construire nos cartes du monde, et constituent des filtres qui peuvent réduire notre vision. Elles sont liées à nos valeurs et s’organisent autour d’elles. Elles ont un impact considérable sur nos comportements et nos raisonnements.

Certaines croyances dites « portantes » peuvent être énergisantes pour l’individu.

Exemple : « chaque échec est un apprentissage »

D’autres sont plus handicapantes.

Exemple : « je n’ai pas le droit à l’erreur »

Les croyances posent 2 types de difficultés. La première tient au fait qu’un certain nombre d’entre elles sont inconscientes.

La seconde difficulté porte sur le fait qu’il s’agit de certitude. Or, par définition (ou par réflexe / paresse), nous ne remettons pas en cause nos certitudes.

En résumé, nous entretenons tous des croyances, plus ou moins objectives, plus ou moins aidantes sur à peu près tout. Nous basons nos représentations du monde sur elles, et nous les considérons comme vraies.

En soi, la question essentielle n’est pas de savoir si une croyance est vraie ou non. En coaching, il semble plus pertinent de se demander si elle est utile à l’atteinte des objectifs de la personne ou si, au contraire, elle constitue un obstacle.

D’OÙ PROVIENNENT NOS CROYANCES LIMITANTES ?

Nos croyances ont des origines multiples. Elles peuvent venir de notre famille, de notre environnement au sens large, de notre éducation, de nos expériences passées.

Nous avons tous reçu des injonctions quand nous étions petit (les fameux « drivers » de l’Analyse Transactionnelle) qui ont façonné nos croyances : « sois parfait », « sois fort », « fais plaisir », « fais des efforts », et « dépêche-toi ». Par exemple, une personne ayant reçu l’injonction « fais plaisir ! » pourra porter la croyance selon laquelle les autres la rejetteront si elle dit « non » à leurs demandes.

Le contexte économique et socio-culturel dans lequel nous évoluons occupe une place importante dans la détermination de nos croyances. A titre d’illustration, les médias influencent la confiance que les personnes portent en l’avenir. Certaines sociétés demeurent influencées par la place que la religion a occupée. Les conventions sociales déterminent aussi ce qui est « poli » ou « impoli », « bien » ou « mal », ce qu’il faut savoir (éducation). Les proverbes aussi sont remplis de croyances qui ont construit notre carte du monde. Quels sont ceux qui vous imprègnent toujours ? « On n’est jamais mieux servi que par soi-même », « Un homme averti en vaut deux », « Un malheur n’arrive guère sans l’autre », etc.

Enfin, certaines croyances proviennent de nos expériences passées. Elles résultent alors d’une distorsion cognitive, c’est-à-dire une erreur de raisonnement prévisible que nous sommes amenés à commettre. Nous avons alors tendance à généraliser, et de tirer une conclusion sur la base d’un nombre réduit de faits, voire d’un fait unique.

La psychologie cognitive a aussi beaucoup développé les biais cognitifs, souvent basés sur des croyances, dont les plus connus sont : le biais de substitution (répondre à une question complexe en répondant à une question différente), le biais d’ancrage (difficulté de se défaire d’une première impression ou d’une première idée), l’heuristique d’affect (consiste à prendre une décision en utilisant d’avantage ses émotions qu’un raisonnement) et le biais de confirmation (consiste à privilégier les informations qui confirment ses idées préconçues).

COMMENT NOS CROYANCES NOUS INFLUENCENT-ELLES ?

Comme dit plus haut, nos croyances sont les piliers sur lesquels nous construisons notre responsabilité. Elles sont notamment responsables de :

  • Nos peurs

Les peurs sont généralement nourries par des croyances négatives inconscientes sur soi, les autres ou sur la vie.

  • Nos valeurs et nos normes

Nos valeurs, soit ce qui est important pour nous, découlent directement de notre système de croyances. Chacun a un certain nombre de croyances autour d’une valeur, et une même valeur n’aura pas forcément la même définition chez différents individus. Valeurs et croyances sont donc intimement liés.

  • Nos règles

Dans la continuité de nos normes, viennent nos règles, conscientes ou inconscientes. Elles ont trait aux ordres ou interdictions que nous nous imposons. Elles se manifestent dès l’instant où nous utilisons des verbes ou expressions tels que « devoir », « falloir », « être obligé », « ne pas avoir le droit » …

  • Notre perception de la réalité

Notre cerveau est constamment bombardé d’informations. Ne pouvant pas toutes les traiter dans le même temps, il est dans l’obligation de les sélectionner et de les filtrer. Ainsi, nous percevons le monde à travers le prisme de nos croyances, afin d’aller vers une solution qui soit le plus rapidement et le plus facilement en ligne avec ce qu’il considère comme certain.

  • Nos actions

Virgile a écrit : « ils peuvent parce ce qu’ils croient pouvoir ». En général, une personne entreprend une action si elle pense pouvoir atteindre l’objectif poursuivi. Cette personne a le choix de prendre le temps de se renseigner sur ses chances réelles de succès, mais bien souvent elle s’appuie tout simplement sur ses croyances. C’est alors ces expressions que l’on entend : « je ne peux pas » ou « je suis trop… pour… ». Dans ces conditions, conséquence encore plus néfaste parfois, nos croyances limitantes deviennent auto-réalisatrices !

COMMENT TRANSFORMER SES CROYANCES ?

Nos croyances ont autant le pouvoir de nous construire que de nous détruire. Nous avons le choix de continuer à y croire ou de les atténuer, voire de les transformer.

L’accompagnement d’un coach ou d’un autre professionnel est fortement aidant pour ce travail. Il s’agira avant tout d’identifier ses croyances, en étant attentif à différents signes tels que : les émotions, le vocabulaire sémantique, les incongruences ou les schémas de répétition (pattern).

Le coach fera preuve de concentration, de neutralité et saura se détacher de ses propres croyances et interférences.

Pour se libérer d’une croyance devenue inutile, il est indispensable de passer par un travail d’introspection sincère, et il sera alors possible de reconnaître le « bénéfice secondaire » de cette croyance (ce dont elle nous protège).

Viendra ensuite l’étape du doute, pour douter du bien-fondé de ses croyances. Katie Byron (The Work) a rendu célèbre cette technique avec ses 4 questions essentielles :

  1. Est-ce vrai ?
  2. Pouvez-vous absolument être sûr que c’est vrai ?
  3. Comment réagissez-vous / que se passe-t-il quand vous croyez cette pensée ?
  4. Qui seriez-vous sans cette pensée ?

Vient alors l’étape finale de l’apprentissage d’une nouvelle croyance possible.

Alors. Quelles pensées vous limitent le plus dans vos objectifs ou vos désirs ? Qu’aimeriez-vous penser à la place ?

"L'homme est ce qu'il croit" (Anton Tchekov)

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